Tous les conseils

Faire son compost au jardin : la méthode pas à pas, du premier seau au compost mûr

Pour faire son compost, l'ADEME conseille un emplacement mi-ombragé au contact de la terre, un mélange de 50 % de déchets humides et 50 % de déchets secs, et un brassage au moins une fois par mois. Un compost mûr demande au moins 4 à 6 mois en bac et 6 à 12 mois en tas (ADEME, guide « Comment réussi

|
9 min de lecture

Environ un tiers de nos ordures ménagères est fait de déchets organiques, selon l'ADEME. Épluchures, marc de café, tontes, feuilles mortes : tout cela part encore trop souvent au camion poubelle alors que votre potager en redemande. Faire son compost, c'est récupérer gratuitement un amendement qui nourrit la terre, l'aide à retenir l'eau et favorise la vie du sol. Rien de sorcier : un emplacement, un bon mélange, un peu d'air et d'humidité. Voici la méthode complète, du premier seau versé au compost mûr que vous étalerez au pied des légumes.

Bac ou tas : choisir où faire son compost

Composteur en bois installé au fond d'un jardin potager

Deux formules dominent au jardin. Elles fonctionnent toutes les deux, mais pas au même rythme.

Le composteur en bac

C'est la solution la plus répandue, et la plus adaptée aux petits jardins. Le composteur fermé protège des intempéries, limite l'encombrement et, avec un grillage au fond, tient les rongeurs à distance. Compostage plus rapide aussi : comptez 4 à 6 mois minimum pour un compost mûr. Un bac de 1 à 1,5 m³ absorbe 1 à 2 tonnes de déchets organiques par an d'après le Réseau Compost Citoyen, largement de quoi suivre une famille. Au-delà de 1 000 litres de besoins, prévoyez un second bac : l'un reçoit les apports frais, l'autre laisse mûrir.

Avant d'acheter, appelez votre mairie ou votre intercommunalité : beaucoup offrent le composteur ou participent à son achat. En jardinerie, privilégiez les modèles portant le logo NF Environnement. Un bac maison en planches, en rondins ou en palettes fait aussi très bien l'affaire.

Le compost en tas

Si la place ne manque pas, le tas reste la méthode la plus simple et la plus gratuite. Il s'aère et s'humidifie tout seul, se brasse facilement, mais il est accessible aux animaux et plus lent : 6 mois à 1 an pour un compost mûr. Quand il atteint 1 m à 1,5 m de haut, retournez-le, laissez-le reposer et démarrez un nouveau tas à côté.

Le bon emplacement

Un seul critère commun aux deux formules : un endroit mi-ombragé, posé directement sur la terre. Le contact avec le sol laisse monter les vers et les micro-organismes. Plein soleil, le compost sèche ; en pleine ombre sous un conifère, il croupit. Pensez aussi au trajet depuis la cuisine : un composteur au fond du terrain se remplit moins bien en janvier, quand il pleut.

Démarrer son compost ce week-end

Seau d'épluchures de légumes prêt à être versé au composteur

L'automne et le printemps sont les deux meilleures saisons pour lancer un compost. Fin octobre, vous avez justement sous la main les deux ingrédients clés : des feuilles mortes en quantité et les restes des dernières récoltes.

  • Ameublir la terre à l'emplacement choisi, sur un fer de bêche.
  • Étaler au fond des branches et brindilles broyées : 5 cm pour un bac, 10 cm pour un tas. Cette couche draine et fait circuler l'air.
  • Verser les premiers déchets de cuisine, puis les couvrir de feuilles ou de broyat.
  • Ajouter une pelletée de terre de jardin ou de vieux compost si vous en avez : elle ensemence le tas en micro-organismes, bien mieux qu'un activateur du commerce.

Équipez-vous d'un bio-seau avec couvercle pour la cuisine, d'un aérateur (une sorte de grand tire-bouchon) et d'un sécateur pour couper les tiges. C'est tout.

Quoi mettre dans le composteur (et quoi laisser de côté)

Mélange de feuilles mortes et d'épluchures dans un compost

Matières vertes et brunes : la règle des 50/50

Le compost est vivant. Bactéries, champignons, vers et petits insectes transforment les déchets à condition de trouver à la fois de l'eau et de l'oxygène. Le secret tient donc dans l'équilibre entre deux familles :

  • Les matières vertes, ou humides : épluchures et fanes, fruits et légumes abîmés, marc de café et filtres, pain, laitages, croûtes de fromage, tontes de gazon fraîches.
  • Les matières brunes, ou sèches : feuilles mortes, paille, branches broyées, copeaux, sciure, carton brun (boîtes d'œufs, rouleaux), papier journal, essuie-tout, cendres de bois.

L'ADEME recommande 50 % de déchets humides pour 50 % de déchets secs, en volume. Concrètement : à chaque seau de cuisine vidé, une bonne poignée de feuilles ou de broyat par-dessus. Gardez un sac de feuilles mortes près du composteur, il vous servira tout l'hiver. Et coupez les déchets en petits morceaux : plus la surface est grande, plus les micro-organismes travaillent vite.

Avec modération

  • Branches, noyaux, trognons de chou : seulement broyés ou coupés, sinon ils traînent des mois.
  • Plantes montées en graines : les graines survivent et germeront là où vous étalerez le compost.
  • Coquilles d'œufs et coquillages : ils ne se décomposent guère, mais aèrent et apportent des minéraux.
  • Viande, en petits morceaux et au centre du tas, hors de portée des animaux.
  • Végétaux malades, pour ne pas propager la maladie au potager.

À proscrire

Verre, métal, plastique et sacs plastiques, couches, tissus synthétiques, contenu des sacs d'aspirateur, bois peint ou verni, huiles de vidange. Tout cela file en déchèterie.

Entretenir : retourner le compost et surveiller l'humidité

Jardinier retournant un tas de compost à la fourche

Retourner le compost n'a rien d'une corvée hebdomadaire. Un brassage au moins une fois par mois, avec l'aérateur ou une fourche, suffit à oxygéner la masse. Sans air, les bactéries utiles cèdent la place à la fermentation, et l'odeur vous le fera savoir avant le voisin.

L'humidité se contrôle à la main. Pressez une poignée de matière :

  • quelques gouttes perlent : parfait ;
  • ça coule : trop humide, ajoutez des matières sèches ou étalez quelques heures au soleil ;
  • rien ne sort : trop sec, arrosez ou laissez le couvercle ouvert un jour de pluie.

Le climat change le geste. Dans le Sud méditerranéen, le compost se dessèche vite en été : placez-le franchement à l'ombre et arrosez-le lors des fortes chaleurs. Dans l'Ouest océanique, c'est l'excès d'eau qui guette, gardez le couvercle fermé l'hiver et forcez sur les matières brunes. Dans l'Est continental et en montagne, l'activité ralentit fortement par grand froid : continuez d'apporter, le travail reprendra au printemps.

Les erreurs de compost les plus fréquentes

Tontes de gazon fraîches entassées dans un bac
  • Vider tout le bac de tonte d'un coup. Une couche épaisse d'herbe fraîche se tasse, fermente et sent l'œuf pourri. Mélangez-la à des feuilles sèches, ou laissez-la faner une journée.
  • N'apporter que des épluchures. Sans matières brunes, le compost devient une soupe. C'est l'erreur numéro un des composteurs de cuisine.
  • Oublier d'aérer. Un compost jamais brassé finit compact et malodorant.
  • Laisser les déchets frais en surface. Les mouchettes adorent. Enfouissez-les et recouvrez-les de matières sèches.
  • Semer directement dans le compost. Trop riche, il peut « brûler » les jeunes racines. Mélangez-le toujours à de la terre.

Côté rongeurs, le bac protège mieux que le tas, surtout avec un grillage métallique à mailles fines au fond, remonté de 10 cm sur les parois intérieures.

Reconnaître un compost mûr et l'utiliser

Mains tenant une poignée de compost mûr, sombre et friable

Le processus complet prend de 2 mois à 2 ans selon la méthode et le volume. Inutile pourtant d'attendre la perfection : un compost demi-mûr, encore grossier, sert déjà de paillage pour protéger et nourrir le sol en surface.

Un compost mûr se reconnaît sans laboratoire : couleur sombre, odeur de sous-bois, texture fine et friable, déchets d'origine méconnaissables (hormis coquilles et bouts de bois). Pour lever le doute, semez quelques graines de cresson dedans : si elles germent, il est prêt. Récoltez-le en bas du bac par la trappe, ou au centre d'un tas qui repose. Un passage au tamis retire les morceaux pas encore décomposés, à remettre dans le composteur.

Les doses au jardin

OùQuandDose conseillée par l'ADEME
Potager, légumes gourmands (tomates, courges, poireaux, pommes de terre)Automne, fin d'hiver ou printemps3 à 5 kg/m² par an
Potager, besoins moyens (carottes, laitues, haricots, épinards)Automne, fin d'hiver ou printemps1 à 3 kg/m² par an
Massifs de fleursAutomneune couche d'environ 2 cm au pied
Arbres fruitiersChaque année3 à 5 kg/m² sous la ramure
Pots et jardinièresÀ la plantation1/3 compost, 1/3 terre, 1/3 sable
PelouseChaque printemps1 à 2 kg/m² finement tamisé

En automne et en fin d'hiver, étalez-le en surface et incorporez-le par un léger griffage, sans bêcher en profondeur. Au printemps, déposez-le dans les rangs avant de pailler.

FAQ

Qu'est-ce qu'il ne faut pas mettre dans le compost ?
Tout ce qui ne se biodégrade pas (verre, métal, plastique, tissus synthétiques, couches), les produits chimiques et le bois traité. Les végétaux malades et les plantes montées en graines sont à éviter, la viande à limiter.
Combien de temps faut-il pour obtenir un compost mûr ?
Au moins 4 à 6 mois en bac et 6 à 12 mois en tas, selon l'ADEME. Le lombricompostage donne un compost mûr en 4 mois environ.
Peut-on mettre des agrumes et de la cendre dans le compost ?
Oui pour les deux, avec mesure. Les peaux d'agrumes se décomposent lentement : coupez-les en morceaux et mélangez-les au reste. La cendre de bois, uniquement issue de bois non traité, se répand en fine couche plutôt qu'en tas.
Où placer un bac à compost ?
À la mi-ombre, directement sur la terre, idéalement abrité du vent et pas trop loin de la cuisine.
Quelle est la différence entre terreau et compost ?
Le compost est un amendement très riche qui nourrit le sol. Le terreau est un support de culture dans lequel on sème et plante. Mélangé à de la terre, un compost bien mûr fournit d'ailleurs un excellent terreau maison.
Faut-il un activateur de compost ?
Non. Une pelletée de terre de jardin ou de compost mûr apporte les mêmes micro-organismes. Un bon équilibre entre matières humides et sèches fait le reste.

Votre premier geste au composteur

Planche de potager enrichie de compost avant plantation

Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités doivent proposer à chaque foyer une solution de tri des biodéchets : le composteur individuel en fait partie, et votre mairie peut vous en fournir un. Commencez ce week-end par le plus simple : choisissez un coin mi-ombragé, posez 5 cm de brindilles, et gardez un sac de feuilles mortes à côté. À chaque seau de cuisine, une poignée de sec. Dans quelques mois, vous aurez de quoi enrichir les planches du potager pour la saison suivante. Consultez au passage notre calendrier du mois et nos fiches potager pour savoir où ce compost sera le plus utile.

Tags:

Rédigé par

La rédaction DuJardinage

Conseils jardin

La rédaction de DuJardinage.com prépare des guides pratiques de jardinage pour la France : calendriers, gestes techniques et solutions naturelles, vérifiés auprès de sources horticoles reconnues.

Voir tous ses articles

Dans la même veine

D'autres guides pour avancer au jardin

Potager|

Calendrier des semis du potager mois par mois : quoi semer, quand et à quelle température

Arbres fruitiers|

Planter un arbre fruitier à racines nues : quand et comment réussir la reprise

Sol & jardin naturel|

Feuilles mortes au jardin : paillage, compost ou terreau de feuilles, que choisir ?